Aujourd'hui (enfin, plutôt lundi soir, mais peu importe, on est pas tâtillon sur le continuum espace-temps), j'ai pris le métro pour rentrer chez moi, en bonne princesse du peuple. Il était plutôt bondé, mais j'ai réussi à trouver une place assise pour parcourir les 9 stations qui me séparaient de mon château douillet. Comme à mon habitude, je suis livrée à mon activité favorite, à savoir observer les gens autour de moi. Je me fonds assez dans la masse, mais je sens que la population me regarde souvent d'un air plein de préjugés. Il faut dire qu'au milieu de toutes ces jeunes filles de bonne famille, arborant leurs plus belles robes à imprimé liberty et leurs sacs griffés, je fais souvent tache. Ce soir-là, je portais un jean, mes baskets montantes, un sweat à capuche et une veste en cuir, et de la musique hip-hop assez forte s'échappait de mes écouteurs. Probablement des restes de mon adolescence passée dans la banlieue parisienne. Quoi qu'il en soit, je m'assois donc sous les regards un peu réticents de mes voisins, surtout celui de la dame d'un certain âge assise en face de moi. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle me vit sortir de mon sac un de ces petits objets rectangulaires qu'on appelle un livre ! Comment ça, les ouvrages littéraires ne sont plus réservés à l'élite intellectuelle ? Sans oublier de mentionner que le dit livre était une oeuvre classique de la littérature du XVIIIè siècle (croix-v-bâton-bâton-bâton of course !) : Les Liaisons Dangereuses ! 

livre

Bref, cette anecdote m'a inspiré cette chouette note de blog. En voyant le regard interloqué de ma voisine, je n'ai pu m'empêcher de noter que les gens sont pas mal plein de préjugés. Il me faut vous avouer que je m'en amuse souvent. J'aime faire des choses complètement à l'opposé des images véhiculées par la façon dont je m'habille par exemple. J'aime sortir un livre "intelligent" quand je porte des vêtements "ghetto", comme j'aime laisser entendre les gros boom agressifs de ma musique quand je porte un ensemble plus féminin et délicat. Ca me fait rire de voir à quelle vitesse on est mis dans des cases, étiquettés comme des produits sortis de l'usine. J'ai récemment lu un article sur une boîte de nuit assez fréquentée par ici qui avait mis en place un nouveau code vestimentaire plus restrictif, dans le but d'éviter une certainte clientèle. Le gérant a donc décidé d'interdire le port de la casquette et du jean large, ainsi que certaines marques de vêtements, pour éviter les "voyous". Rien ne vous choque ? Moi, oui ! Depuis quand le fait de porter une casquette fait-il de vous un gangster ? Depuis quand le fait de vivre dans un HLM fait-il de vous un rejet ? Et qu'en est-il du fait de porter du rose et des imprimés léopard ? Et je ne parle évidemment pas des préjugés sociaux, raciaux et religieux...

Moi, j'aime écouter de la musique hip-hop, suis-je un voyou ? Non.
Moi, j'aime porter des chaussures à (très) hauts talons, suis-je une pétasse ? Non plus.
Moi, j'aime dévorer des livres et jouer à des jeux de rôle sur l'ordinateur, suis-je une geek ? Ah, ben non.
Moi, j'aime aller à l'église le dimanche et prier, suis-je une fille coincée ? Non.
Moi, je n'aime pas boire ni fumer des joints, suis-je une rabat-joie ? ...

Je pourrais continuer la liste, mais je pense que vous avez compris l'idée. 

Moi, je suis un homme dans un corps de femme, je suis une rose dans un corps de cactus, je suis une lionne dans le corps d'un chaton, mais ce qui compte, c'est que je suis moi, sans étiquettes et, de toute façon, une case c'est bien trop petit pour moi !


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Et vous, vous êtes quoi ?